403 Forbidden


nginx
Tortues protégées : Pourquoi sont-elles menacées ?

Tortues protégées : Quelles sont les espèces les plus menacées ?

Batagur trivittata

Il y a 200 millions d’années, on croisait déjà des tortues, sur terre et en mer. Certaines ont côtoyé les dinosaures, elles ont survécus à toutes les extinctions de masse, même à la chute de l’astéroïde ayant détruit 8 espèces sur 10… Pourtant, à cause de la négligence des humains, elles sont désormais menacées et certaines bien plus que d’autres.

Parmi les vertébrés les plus en danger

Les chiffres sont souvent très parlant, et ils sont ici particulièrement inquiétant. On compte un peu plus de 350 espèces de tortues dans le monde, aussi bien terrestres, que marine ou d’eau douce. 61 % de ces espèces sont en danger immédiat et certaines sont même déjà considérées comme éteintes, comme le dévoilait une étude publiée sur la revue BioScience en Septembre 2018.

Si les oiseaux et les poissons sont déjà particulièrement menacés, la tortue souffre encore plus. Vous avez évidemment déjà une idée de la cause… Les tortues n’ont pas énormément de prédateur dans la plupart des régions du monde, et leur carapace est un moyen très efficace pour se protéger de la plupart d’entre-eux. Ce n’est donc pas une sélection naturelle, et ce n’est pas non plus le fait du réchauffement climatique, c’est tout simplement sa rencontre avec l’espèce humaine qui aura été une catastrophe pour ce reptile.

L’histoire n’est pas nouvelle, et l’arrivée de l’hominidé il y a 2,5 millions d’années va provoquer le début du déclin d’un grand nombre d’espèces. Certaines ont complètement disparu, dont quelques cousins hominidés comme Néandertal.

Les tortues avaient survécu à absolument tout, leur évolution est assez incroyable, et dès l’apparition de l’homme, on compte 69 espèces sur les 121 ayant existé au Pleistocène, qui dispraissent presque immédiatement (période marquant l’essor des hominidés). À cette époque, les tortues étaient tout simplement chassées pour leur viande.

 

tortue marine pollution

 

Des pièges très nombreux pour les tortues marines

Aujourd’hui, les menaces sont très nombreuses pour nos amies les tortues. Quelques humains les mangent encore, mais ils sont de plus en plus rares. En revanche, les tortues marines se font prendre dans des filets qui ne leur sont pas destinés, ou bien elles se retrouvent prises dans quelques déchets plastiques flottants. Certaines comme les tortues luth (plus grosses tortues au monde), confondent les sacs plastiques avec les méduses qui sont la base de leur alimentation, et elles s’étouffent.

Il y a également toujours un marché pour les œufs ou les carapaces et certains ont évidemment envie d’avoir une tortue dans un aquarium, même si elle ne vivra que quelques mois.

Le réchauffement climatique n’arrange rien, puisque la température d’incubation des œufs est primordiale pour certaines espèces. Bien évidemment, l’urbanisation grandissante des plages, pour des complexes hôteliers ou pour quelques personnes souhaitant se lever avec vue sur la mer, les lieux de pontes sont détruits et les tortues n’ont tout simplement plus d’espace pour elles.

Idem pour les tortues de terre

Les tortues de terre ou les tortues d’eau douce, subissent exactement les mêmes problèmes. Elles ne rencontrent pas de filets, et subissent moins la pollution, mais l’urbanisation est terrible pour elles. En effet, elles se retrouvent en petit groupe, bloquées dans certaines zones, ne pouvant pas se déplacer et ayant accès à de moins en moins de nourriture.

On rajoute à ça l’engouement il y a quelques années, dans de nombreux pays pour en faire un animal de compagnie. De très nombreux spécimens ont été prélevé pour être revendu, et dans certains pays, comme l’Egypte, certaines tortues ont presque complètement disparues de leur milieu naturel.

 

tortue eau douce pollution

 

Cruciale pour la biodiversité

On pourrait simplement pleurer un peu en se disant que c’est triste, mais que c’est comme ça… Ce n’est pas possible, puisque les tortues ont une place importante dans nos écosystèmes, qui sont eux aussi menacés. Il y a des tortues carnivores, d’autres herbivores et d’autres encore omnivores, qui vont influencer l’ensemble du paysage.

Un exemple frappant est celui de la tortue Malaclemys terrapin, qu’on trouve en Amérique du Nord. C’est une tortue d’eau qui se nourrit essentiellement des bigorneaux des marais. Le fait que cette tortue disparaisse, ne permet plus de réguler la population des bigorneaux, qui finissent par détruire des prairies pour les transformer en marais remplis de vase, ou rien ne pousse et rien ne vie, si ce n’est les bigorneaux.

Les tortues régulent, mais elles sont aussi des proies ou du moins leurs œufs qui sont consommés par de nombreux mammifères. Sans cet apport, ils trouvent moins de nourriture et ils disparaissent aussi.

Elles ne disparaîtront pas seules

Certaines tortues, comme les abeilles ou tout un tas d’oiseaux, sont des pollinisatrices. Elles consomment des plantes ou des fruits, en ingurgitent les graines, et les expulses plus loin. Dans certaines régions, ce sont presque les seules qui régulent ainsi la nature et permettent à la vie de se déployer.

La tortue fait des terriers, qui sont bénéfiques pour de nombreuses espèces. La tortue gaufrée fait des trous très larges et profonds, parfois de plus de 10 m de long. Des plantes viennent alors pousser à l’entrée, légèrement en l’abri du soleil. Des lapins réutilisent les terriers, et des centaines d’espèces en profitent, notamment les insectes, les serpents ou les araignées.

Bref, l’impact des tortues sur l’environnement, et sur notre écosystème, est bien plus important qu’il n’y paraît. Leur protection est donc primordiale, et des efforts considérables devraient être faits. Malheureusement, même si de nombreuses espèces sont protégées, dans les faits les actions sont très peu nombreuses pour ralentir ou stopper leur extinction.

15 espèces en très grand danger

Batagur trivittata

Au bord de l’extinction, on ne comptait qu’une douzaine d’individus il y a quelques années. Aujourd’hui, il y a en plus de 1000 , mais uniquement en captivité. Leur réintégration dans un milieu naturel est très complexe. On trouvait ces tortues essentiellement en Birmanie.

Cuora pallidicephala

On sait uniquement que quelques spécimens ont été collectés dans les marchés du Guangxi en Chine il y a quelques années. Quelques spécimens sont conservés en captivité, mais elle aurait très probablement disparue de son habitat naturel.

Tortue à soc ou Astrochelys yniphora

C’est une tortue de terre qu’on ne trouve qu’à Madagascar. En 2012, on ne comptait plus que quelques centaines d’individus à l’état sauvage. Il n’y a pas eu de nouveau compte ou de recherches effectuées depuis, mais on les croise de moins en moins souvent. Elles disparaissent essentiellement à cause des feux de brousses provoqués volontairement pour créer des pâtures pour le bétail, et il y a un trafic international pour en faire un animal de compagnie.

 

tortue menacee

 

Tortue à carapace molle ou Rafetus swinhoei

Elle vivait au Vietnam et en Chine, mais on ne la retrouve plus dans son habitat naturel. On compte actuellement uniquement 3 individus en captivité, deux au Vietnam trop jeune pour connaître le sexe et un mâle en chine. La dernière femelle connue est morte en chine au début de l’année (2019), en essayant de pratiquer une insémination artificielle. Si on ne découvre plus de femelle dans son habitat naturel et que les deux spécimens restant au Vietnam sont des mâles, alors l’espèce s’éteindra dans quelques années.

Cuora yunnanensis

Elle vit uniquement en Chine, et il n’existe que quelques individus dans une région heureusement peu visitée. Les scientifiques pensent que cette tortue est toujours présente dans la province du Yunnan, mais on croise très rarement l’une d’elle. En 110 ans, depuis sa découverte, seulement quelques photos ont pu être prise.

Batagur baska

Cette tortue étonnante ne compte que quelques centaines d’individus en Inde dans son milieu naturel, et elle fait partie des 100 espèces les plus menacées au monde. Elle a été introduite au Bangladesh en 2014, dans un parc national, et les femelles se sont acclimatées pour pondre leurs premiers œufs. Le chemin est long, et l’espèce est toujours en danger d’extinction, mais il y a quelques bonnes nouvelles au sujet de cette espèce.

 

tortue protegee

 

Psammobates geometricus

Cette petite tortue de terre d’environ 20 cm de long est tout simplement magnifique. C’est d’ailleurs parce qu’elle est si belle qu’elle a été très longtemps récolté pour en faire un animal de compagnie. Elle vit uniquement en Afrique du Sud et on la considère en danger critique d’extinction. Son habitat a était détruit à 90 %, et il resterait environ 1000 individus à l’état sauvage, aujourd’hui protégés dans un parc national.

Cuora mccordi

C’est une espèce découverte il y a relativement peu de temps, et on la croise très rarement au Guangxi en Chine. Sa carapace couleur bois et sa tête jaune, lui donne un look très particulier. C’est une magnifique tortue d’eau douce d’une quinzaine de centimètres. Elle se reproduit très facilement mais elle doit sa disparition à sa collecte, pour être vendue massivement sur les marchés aux animaux.

Cuora aurocapitata

Petite tortue des milieux humides de la province du Anhui en Chine Elle se démarque par une petite tête verte plutôt ressemblante à celle d’un serpent. Sa carapace est marron foncé, et plutôt plate. Comme beaucoup de tortues de ce triste classement, elle est en danger critique d’extinction, à cause d’une collecte trop importante. Elle devient de plus en plus difficile à croiser sur son habitat naturel, mais on la trouve assez facilement en captivité dans quelques fermes chinoises.

Tortue à tête de crapaud

Encore une espèce étonnante, avec un petit nez pointu et un sourire jusqu’aux oreilles. Cette tortue à tête de crapaud se trouve uniquement au nord de la Colombie, dans un secteur assez réduit, ce qui fait d’elle une tortue particulièrement rare. Elle est sur la liste des tortues les plus menacées depuis 2003 et sa population semble stagner depuis cette époque.

 

tortue tete crapaud extinction

 

Cyclanorbis elegans

C’est une tortue d’eau douce, présente dans plusieurs pays du continent africain, notamment au Bénin, au Cameroun, au Tchad, au Nigeria, Togo, au Ghana et en République Centrafricaine. Elle est assez grande avec parfois plus de 70 cm de longueur. Sa carapace est molle et elle possède de grandes pattes palmées. Même si elle est présente à plusieurs endroits, on ne compte pas énormément d’individus dans son milieu naturel.

Cuora trifasciata

Encore une tortue chinoise, qu’on retrouve dans plusieurs provinces, et notamment autour de Hong Kong, ou encore au Vietnam. Elle subit elle aussi une collecte massive pour les marchés aux animaux, et elle est donc de plus en plus rare dans son habitat naturel. C’est bien dommage quand on voit sa petite tête jaune rayée de noir. C’est vraiment une belle tortue qui atteint généralement les 30 cm de longueur.

Tortue étoilée de Birmanie ou Geochelone platynota

C’est l’une des espèces les plus rares au monde, et pour cause, on ne la trouve plus à l’état sauvage. Son espèce est considérée comme étant éteinte, et il ne reste que quelques spécimens en captivité. C’est une tortue magnifique, que nos enfants n’auront probablement plus l’occasion de voir ailleurs que sur une photo. Il ne reste que trop peu de femelle pour espérer un nouveau départ de l’espère.

Tortue à cou de serpent ou Chelodina mccordi

Si je devais imaginer une tortue préhistorique, c’est peut-être comme ça que je la verrais. Elle se distingue de ses cousines par ce coup particulièrement long, qui rappelle très facilement sa familiarité avec le serpent. On trouve cette tortue d’eau douce dans les lacs et rivière d’Indonésie. Elle possède des pattes palmées équipées de plusieurs griffes. Uniquement à l’état sauvage dans les îles de la Sonde, elles ne sont que quelques centaines depuis plusieurs années déjà.

Chitra chitra

Il s’agit de la plus grande tortue d’eau douce, et la plus grosse a été pesée à 254 kg, pour une longueur de plus de 120 cm. Elle possède une carapace molle et c’est une très bonne chasseuse de poisson. Elle se trouve, de plus en plus rarement, dans les rivières et les eaux claires de la Thaïlande, de la Malaisie et de Java. On ne sait pas exactement combien il y a d’individus, mais on sait qu’elles sont suffisamment rares pour faire attention à elles.

 

tortue menacee

 

Myuchelys georgesi

Cette petite tortue d’environ 20 cm de long se retrouve uniquement dans la rivière Bellinger en Australie, dans une étendue exceptionnellement étroite de 35 km. Le défrichement, l’urbanisation, et la modification du paysage par l’homme, ont détruit la plus grande partie de l’espèce, et on ne trouve donc plus que quelques centaines d’individus.

Tortue Égyptienne

Elle a été découverte en Égypte, mais c’est surtout en Lybie qu’on en retrouve le plus grand nombre. Sur les terres des pharaons, elle a été collectée pour en faire cadeau aux enfants, et désormais il est très difficile d’en trouver dans la nature. Elle aime les régions désertiques, et avec 12 cm c’est l’une des tortues les plus petites du monde.

Une liste malheureusement très longue

La liste pourrait encore continuer pendant de nombreuses lignes, puisque plus de la moitié des tortues existantes sont en voix de disparition. C’est notamment le cas de la tortue de Hermann, la seule tortue de France, et qui survit par petits groupes, éloignés par l’urbanisation, et collectés pour le marché au noir.

On peut également ajouter 6 des 7 espèces marines qui sont en très grand danger ou encore les tortues géantes des Galapagos, qui étaient des dizaines de milliers il y a quelques années et qui ne sont que quelques centaines aujourd’hui.

Il existe heureusement des dizaines d’associations, qui permettent de faire en sorte de prolonger la durée de vie des espèces, mais les moyens sont souvent très modestes par rapport aux causes qui détruisent les habitats naturels des tortues.