Tortue grecque : Tout ce qu’il faut savoir

tortue grecque

La tortue Grecque est une cousine de la tortue d’Hermann qu’on rencontre notamment en France. On l’appelle aussi tortue levantine, tortue moresque ou testudo graeca. C’est une tortue qu’on retrouve chez de nombreux particuliers, et elle est apprécié pour sa robustesse.

Malheureusement, comme beaucoup trop de tortues sur la planète, la tortue grecque est menacée sur son territoire naturel. On la retrouve dans l’annexe A du règlement européen et dans l’annexe II de la convention de Washington, et elle fait donc partie des espèces protégées.

D’où vient la tortue grecque ?

Comme son nom l’indique clairement, la tortue grecque balade sa carapace chez nos amis Grecs, mais pas seulement. On la retrouve en plusieurs sous-espèces dans tout les Balkans, ainsi que dans les environs des mers Noire, Caspienne et Méditerranée. On peut croiser sa route en Syrie, au Liban en Israël, ou encore en Turquie, ou dans le nord de l’Iran. Elle est aussi présente dans le sud de l’Espagne et en Afrique du Nord, du Maroc à la Libye.

C’est une tortue qui s’adapte vraiment à des climats assez divers, des plaines les plus basses, aux bords de mer, et même dans les hauteurs à plus de 1500 m d’altitude. Elles ne raffolent cela dit pas vraiment de l’humidité et préfère les paysages secs sans grandes variations de température.

Les populations de ces tortues sont de plus en plus isolées, et leur migration évidemment stoppée, à cause de l’urbanisation et l’aménagement des littoraux. Elles ont également souffert de quelques pratiques agricoles et bien sûr du prélèvement pour la revente.

De nombreuses sous-espèces

  • Testudo graeca anamurensis
  • Testudo graeca antakyensis
  • Testudo graeca armeniaca
  • Testudo graeca cyrenaica
  • Testudo graeca floweri
  • Testudo graeca graeca
  • Testudo graeca nabeulensis
  • Testudo graeca nikolskii
  • Testudo graeca pallasi
  • Testudo graeca perses
  • Testudo graeca soussensis
  • Testudo graeca terrestris
  • Testudo graeca zarudnyi

Cependant, le concept d’espèce étant actuellement remis en cause dans la zoologie moderne, plusieurs de ces sous-espèces pourraient obtenir le statut “d’espèce” d’ici quelques mois ou années. Il y a vraiment des débats autour des tortues grecques, certains zoologistes pensent qu’il n’y a que 10 sous-espèces, d’autres réduisent même ce nombre à 4, expliquant que les autres tortues sont des espèces bien distinctes.

Description

tortue grecque avis

Ce n’est pas forcément simple de décrire une tortue grecque, notamment du fait de la quantité de sous-espèce, chacune ayant ses particularités. Elles ont cependant toutes des caractéristiques morphologiques communes. Ce sont ces caractéristiques qui nous permettent de différencier une tortue Grecque d’une tortue d’Hermann.

La plaque supracaudale (plaque de la carapace au-dessus de la queue) est simple, alors qu’elle est divisée en deux parties chez Hermann. On trouve également un éperon sur chaque cuisse arrière et la queue ne possède pas de griffe. Enfin, le plastron est semi-amovible chez la tortue grecque.

Attention toutefois, puisqu’on fait la différence facilement dans les élevages ou dans les lieux de vie où ses tortues ne se croisent pas. En revanche, du fait de l’hybridation des deux espèces, relativement courante dans certains coins et notamment en Corse, on peut trouver des spécimens qui possèdent des caractéristiques des deux espèces. C’est aussi le cas en Russie où la tortue Grecque rencontre la tortue des steppes.

Adultes, les tortues grecques sont pour la plupart plus grandes que les tortues d’Hermann. Si en moyenne, elles font 25 cm de long, les plus beaux spécimens peuvent dépasser les 40 cm. En terme de poids, elle pèse entre 4 et 7 kg.

C’est une tortue robuste, avec une longévité longue. Elles peuvent vivre entre 50 et 100 ans. Pensez-y avant de vous lancer dans un élevage. Si vous avez plus de 15 ans, la tortue risque de vous survivre.

Adopter une tortue Grecque

Elle est robuste, à condition de vivre dans un habitat proche de celui de son biotope naturel. On va pouvoir l’élever dans le sud de la France sans trop de problèmes, mais ce sera plus compliqué dans le Nord. En effet, cette tortue n’aime pas vraiment les courants d’air frais et encore moins l’humidité.

Elle n’a donc pas une préférence particulière pour les belles régions de Bretagne ou de Normandie, où elle ne sera vraiment pas à son aise. Lorsque l’humidité est trop importante et l’air trop frais, cette tortue développe facilement des bronchites et des rhinites, qui peuvent être désastreuses pour l’animal.

Bien sûr, pour adopter une tortue de terre, il faut faire une déclaration de détention qui est obligatoire. L’éleveur doit vous orienter pour ses démarches, qui sont gratuites et relativement simples. S’il ne le fait pas, c’est probablement que son commerce est illégal.

En intérieur ou en extérieur ?

tortue grecque enclos

Pour l’intérieur

Si vous êtes dans le Nord et que vous avez une tortue d’Hermann, alors vous aurez forcément besoin d’un terrarium pour lui offrir un habitat proche des besoins de votre tortue. C’est une tortue qui peut être assez volumineuse lorsqu’elle est adulte et donc il devra être relativement grand.

Pour une tortue juvénile, un terrarium de 80 x 60 cm est suffisant, et il vous faudra une lampe UV, une lampe chauffante, du substrat, ainsi qu’une cachette et un point d’eau. En grandissant, la tortue aura besoin de tout ça, et d’un espace de d’au moins 5 fois sa taille adulte. Pour une tortue de 30 cm, il faut donc prévoir un terrarium d’au moins 1,5 m de côté, et c’est vraiment le strict minimum.

Personnellement, je ne recommande pas l’élevage de ce type de tortue en intérieur, à moins vraiment d’avoir beaucoup de place à la maison et de pouvoir lui offrir un enclos d’intérieur assez vaste.

Pour l’extérieur

C’est dehors que votre tortue grecque sera la plus heureuse. Cependant, il faut pouvoir reproduire correctement son habitat naturel, puisqu’elle reste un animal sauvage. Pour les premières années de vie, l’enclos doit être sécurisé au maximum. Rien ne doit pouvoir entrer, ni par les côtés, ni par les airs.

Juvéniles, les tortues grecques sont légères et leurs carapaces ne sont pas encore très robustes. Un chat ou un chien peuvent donc l’emporter dans leurs gueules, voir même la croquer. Les oiseaux sont également des prédateurs terribles pour les petites tortues. Une buse ou même une simple pie peuvent tuer votre animal en quelques coups de bec. Un grillage ou un filet de protection sur le haut de l’enclos est donc indispensable.

Plus l’enclos est grand et plus la testudo graeca est heureuse. Je conseille des dimensions d’au moins 10 fois la taille de la tortue adulte. 3 m de côté donc pour une tortue de 30 cm en moyenne. Bien sûr, si vous pouvez lui offrir 10 m de long et 5 m de côté, alors n’hésitez pas !

C’est une tortue qui adore le soleil, alors l’enclos doit être orienté plein sud. Il faut entre 10 et 16 heures de soleil en plein été et votre tortue va gérer sa température en bronzant au soleil ou en se cachant dans un abri.

Cet abri doit être assez grand pour que la tortue puisse faire demi-tour à l’intérieur. Le sol est en terre, pour que votre animal puisse creuser un peu et agrandir son espace. C’est ici qu’elle viendra dormir la plupart du temps, à l’abri des prédateurs et des trop grosses chaleurs.

Le point d’eau est un indispensable. Ce n’est pas simplement un petit contenant pour boire, mais bien une piscine de 4 à 6 cm de profondeur pour les adultes. La tortue pourra s’y baigner afin de faire baisser rapidement sa température lorsque c’est nécessaire. Ce bassin doit être rempli et même nettoyé chaque jour, c’est donc beaucoup plus pratique s’il est amovible.

Enfin, les tortues grecques aiment escalader et creuser. Ce sont les reines de l’évasion ! Vous devez donc faire un enclos d’au moins 50 cm de haut, enfoncé dans le sol jusqu’à 30 cm de profondeur. Vous pouvez même ajouter un peu de grillage recourbé ou un tasseau de bois horizontal sur le haut de l’enclos, pour empêcher la tortue de grimper.

Bien nourrir sa tortue grecque

tortue grecque alimentation

L’alimentation d’une tortue grecque est similaire à celle de la plupart des tortues de terre. L’enclos doit être un garde-manger pour votre tortue, et vous devez planter l’essentiel de son alimentation. Elle ne va pas tout manger d’un coup, à moins qu’il y en est très peu, et ne prendra que ce dont elle a besoin.

La tortue de terre adore les pissenlits, le trèfle, la chicorée sauvage, le laiteron, les liserons des champs ou encore le plantain. Elle aime aussi la plupart des salades frisées ou mâches. L’ortie fauchée est aussi très bénéfique pour votre tortue. Si vous en avez dans le jardin, coupez-le, laissez-le reposer 4 à 5 heures et jetez-le dans l’enclos, votre tortue va le dévorer.

Si l’enclos est assez grand, et qu’il y a un peu de tout, alors vous n’aurez quasiment pas besoin d’apporter une nourriture extérieure. Dans le cas où vous pouvez difficilement planter beaucoup des plantes ou herbes citées au-dessus, alors vous pourrez donner quelques fanes de carottes, du cresson, des endives ou encore quelques navets et radis, ainsi que du céleri et des épinards. La plupart des légumes à feuille sont de bons aliments pour votre tortue.

Des fruits, mais pas trop !

Très souvent, les propriétaires de tortue mal renseignés, croient bien faire en donnant très souvent des fruits à leurs tortues de terre. Cependant, un surplus de fruit n’est jamais bon pour le transit de votre animal. Dans la nature, la tortue tombe parfois sur un arbre fruitier, mais c’est finalement assez rare. On lui donne donc simplement quelques morceaux de fruits rouges une à deux fois par semaine, et c’est largement suffisant.

À de rares occasions, vous pouvez glisser un morceau d’ananas de banane ou de kiwi, mais à trop forte dose, votre tortue aura des diarrhées. Au grand maximum, on ne donne que 10 % de fruit pour 90 % de feuilles et autres herbes.

Quelques aliments à bannir

Je peux déjà vous certifier que l’immense majorité des compléments alimentaires ou des granulés proposés dans les animaleries ne servent à rien. Ils ne sont pas mauvais pour la tortue, mais si vous lui apportez les aliments cités plus haut (très simples à trouver), alors la testudo graeca ne manquera de rien.

On lit également que certains propriétaires donnent de la pâtée pour chien ou pour chat, ainsi que de la viande à leur tortue, et que cette dernière le mange. Effectivement, si la tortue est mal nourrie, elle va manger tout ce que vous lui donnerez. Ça ne veut pas dire que c’est bon pour elle.

La tortue Grecque est une herbivore, elle peut croquer un petit escargot qui passe par là de temps en temps, mais trop de viande ou de protéines vont provoquer de grave problème au niveau du transit et déclencher des maladies. Idem pour les pâtes et le riz, qui sont à l’origine de problèmes hépatiques, articulaires et rénaux.

Enfin, quelques plantes et fleurs sont toxiques pour la tortue. C’est le cas du bouton d’or, du lys, du rhododendron, du laurier rose, de l’if, du lupin, du troène, de la renouée persicaire, de la séneçon jacobée, de l’euphorbe, de l’oxalis, de la renouée persicaire et de la canne des muets. Vérifiez donc bien le nom d’une plante avant de l’ajouter au régime alimentaire de votre compagnon à sang froid.

Quelle quantité de nourriture pour sa tortue de terre ?

Il n’y a pas de quantité optimale pour une tortue. Tout dépend de la chaleur qu’il fait, et de son activité. Une tortue peut mettre entre quelques heures et plusieurs semaines pour digérer un repas, voilà pourquoi c’est à elle de décider quand se nourrir. Il ne faut pas s’inquiéter lorsqu’elle ne mange rien, pas plus que lorsqu’elle mange sans arrêt.

Le mieux est évidemment qu’elle ait toujours de la nourriture à portée de bec dans son enclos, et qu’elle se serve quand elle le souhaite.

L’eau, je l’explique déjà un peu plus haut, est primordiale pour une tortue. Elle va en boire assez peu, puisque la plupart des aliments qu’elle mange en contiennent suffisamment. Cependant, elle s’hydrate beaucoup en se baignant, et sa baignade nécessite une eau propre. Vous devez donc remplir et nettoyer son bassin tous les jours, voir même deux fois par jour lorsque la tortue est très active.

Reproduction de la tortue mauresque

tortue grecque reproduction

La maturité sexuelle varie selon les sous-espèces, mais en moyenne elle intervient entre 8 et 12 ans. Elle est plus précoce pour les mâles que pour les femelles. L’accouplement est étonnement violent pour des animaux généralement plutôt calmes. Le mâle peut griffer violemment le dos de sa partenaire ou la mordre d’excitation.

La tortue est ovipare, elle pond donc des œufs. Il y a 2 pontes par an au maximum, avec 4 ou 5 œufs à chaque fois. L’incubation est d’environ 70 jours, même si là encore il y a des variations selon les sous-espèces.

Comme beaucoup d’espèces animales, et comme la plupart des tortues terrestres d’Europe, c’est au printemps, de mars à juin, que les mâles ont une envie folle de procréer. La plupart des naissances ont donc lieu en été.

Le prix d’une tortue grecque

Pour un bébé tortue grecque, ou une tortue juvénile de moins de 8 ans, le prix est entre 100 et 120 €. Le sexe est défini vers 8 ans chez la plupart des sous-espèces, et avant cet âge il est impossible de savoir si c’est un mâle ou une femelle.

Pour un spécimen adulte, il faut compter entre 180 et 200 €. C’est le prix moyen chez un éleveur agréé. Bien sûr, il existe des trafics au noir, totalement illégaux, et vous risquez une amende importante si on découvre que vous possédez une tortue de terre sans droit de détention.

La tortue grecque est en voie de disparition. C’est une espèce menacée, notamment à cause du marché noir. Les vendeurs n’élèvent pas les tortues, ils les prélèvent dans leur habitat naturel. Si vous aimez ses animaux, passez donc par un éleveur agréé, qui vous donnera en plus de très nombreux conseils de qualité et utiles, pour élever votre tortue, et lui offrir une vie aussi agréable que possible.